« Le bonheur en partant a dit qu’il reviendrait » de Cindy Bouquemont

Hello les mamans coquettes !

Depuis peu, les femmes ont courageusement décidé de briser les tabous autour des drames que les grossesses peuvent engendrer : fausses couches, deuils périnataux …

En tant que femme, maman et blogueuse, j’ai voulu partager un véritable message d’espoir. Celui de Cindy Bouquemont, auteure d’un livre bouleversant : « Le bonheur en partant a dit qu’il reviendrait ».

J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec elle et lui poser quelques questions pour en savoir davantage sur son histoire et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre.

« C’est inimaginable et bien trop à supporter pour une seule famille.»

—Cindy Bouquemont

Cindy qui es-tu ? Racontes-nous ton histoire.

J’ai 38 ans, j’habite près de Reims et je suis assistante vétérinaire. J’ai 4 enfants dont deux dans les étoiles.

Mon fils aîné s’appelle Aaron, il est né en 2013 après une grossesse parfaite et nous fera devenir parents pour la première fois.

Un petit frère fut annoncé deux ans plus tard. Tout a très bien commencé, les échographies étaient bonnes, tout allait parfaitement bien. Puis à 6 mois de grossesse le gynécologue nous annonce que notre fils est atteint d’une grave hernie diaphragmatique. Je passe de nombreux examens, puis une amniocentèse qui révèle une trisomie 9. C’est la descente aux enfers. Notre enfant est atteint d’une grave maladie génétique qui ne peut lui offrir qu’une vie de souffrance. Nous prenons alors la pire décision de notre vie de parents et acceptons l’interruption médicale de grossesse alors que mon terme était prévu 1 mois et demi plus tard. Mahé est né sans vie le 18 mai 2016.

Malgré la douleur et la culpabilité, nous voulons offrir une petite sœur ou un petit frère à nos garçons. Quelques mois plus tard nous apprenons qu’une petite poupée doit nous rejoindre et compléter notre famille. Les angoisses sont bien sûres présentes mais l’amniocentèse nous assure que cette petite fille est en parfaite santé. C’est difficile à croire mais tout ira bien. Et puis la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit….

Pourtant 3 jours avant la naissance programmée, je ne sens plus ma fille bouger. C’est à l’hôpital que l’on m’annoncera l’insoutenable. Théa est morte, notre petite fille n’est plus.

Je dois accoucher d’un bébé sans vie une fois de plus. Ce n’est plus l’enfer cette fois c’est pire, perdre deux enfants l’un derrière l’autre c’est inimaginable et bien trop à supporter pour une seule famille. Nous repartons de la clinique sans notre bébé, avec un cosy vide et un petit garçon à qui il faut annoncer que sa petite sœur est décédée.

L’année suivante, un petit arc en ciel est né en pleine forme. Mayane fêtera ses 3 ans le mois prochain et nous a réconcilié avec la vie. Nous n’oublions pas nos deux autres enfants, ils font partis de la famille, mais nous profitons pleinement de notre vie en étant conscient de la chance que nous avons d’avoir deux enfants à nos côtés.

Quel a été l’impact de la perte de deux enfants sur ton couple, ton fils ainé et ta petite dernière ?

Notre couple a résisté à ces deux tsunamis, mais cela n’a pas toujours été facile car un deuil périnatal ne se vit pas pareil pour un homme ou pour une femme. Il a fallu beaucoup de patience et d’efforts pour nous comprendre, cela a pris du temps.

Notre fils aîné a perdu son frère à l’âge de 3 ans et sa sœur à l’âge de 4 ans et demi.

J’ai eu très peur que cela entraîne des soucis dans sa vie d’adulte, mais les médecins ont été rassurants et nous avons été vigilants. Nous ne lui avons rien caché de son histoire, et parlons régulièrement de ses frères et sœurs.

Mayane est encore un peu jeune pour comprendre, mais je lui ai déjà parlé de Mahé et de Théa, elle sait qu’elle a un frère et une sœur qu’elle ne peut pas voir, et lorsqu’elle me demandera je lui montrerai des photos.

« Je souhaitais tenter de briser un peu ce tabou et libérer les familles endeuillées.»

— Cindy Bouquemont

Pourquoi as-tu décidé d’écrire un livre ? Dans quel état d’esprit étais-tu ?

Lorsque j’ai perdu mes enfants, j’ai eu besoin de lire des témoignages de parents qui avaient vécu la même chose. Je voulais savoir si on pouvait encore vivre après un tel drame ou si nous étions condamnés à être triste tout le restant de notre vie.

Après la naissance de Mayane, j’avais envie à mon tour de rassurer les paranges, de leur montrer que l’on n’oublie rien mais qu’il fallait croire en ses rêves et ne jamais abandonner.

J’espérais apporter de l’espoir, du soutien, du réconfort aux parents endeuillés, mais aussi à leurs proches qui ne savent jamais trop comment réagir et également aux soignants pour qui l’accompagnement est extrêmement délicat.

Est-ce que écrire ce livre a été une sorte de thérapie pour toi ? Comment l’as-tu vécu ?

Pas vraiment, je n’ai pas eu besoin d’écrire pour aller mieux, j’imaginais surtout l’aide que je pouvais apporter aux nombreuses familles touchées par le deuil périnatal.

Je voulais témoigner aussi pour que les gens qui ne sont pas concernés par ce drame puissent mieux nous comprendre et mieux accompagner leurs proches dans cette épreuve.

Le deuil périnatal touche plus de 7000 familles par an mais c’est un sujet peu abordé dans les médias. Je souhaitais tenter de briser un peu ce tabou et libérer les familles endeuillées.

À quoi t’es-tu rattachée pour affronter ces terribles épreuves ?

J’avais un fils en bas âge que je ne pouvais pas abandonner. Lorsque cela devenait trop difficile, je me disais que je ne pouvais pas le rendre orphelin de sa maman, qu’il fallait que je tienne le coup.

J’ai fait des efforts pour continuer à vivre même si le manque était très violent. J’ai cru en la vie et en ce qu’elle pouvait encore nous apporter. J’ai fait confiance en mon destin.

Que dis-tu aux femmes qui t’écrivent anéanties car elles viennent de perdre un enfant ?

Qu’elles vivent le moment le plus difficile de leur existence, que c’est d’une injustice sans nom mais qu’un jour elles réussiront à nouveau à sourire.

Qu’elles ne sont pas seules, nous sommes des milliers de mamanges à se soutenir sur les groupes de deuil, que nous avons la chance d’avoir une communauté très solidaire et qu’il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.

Que leur enfant ne sera jamais oublié, qu’elles peuvent parler de lui tant qu’elles le veulent, et qu’elles sont mamans !

Qu’est –ce que l’on peut te souhaiter pour la suite ?

Un film ! C’est mon projet fou ! Je suis en train d’écrire le script de mon histoire, pour être adapté à la télévision (ou au cinéma, qui sait !).

J’ai déjà des pistes sérieuses, j’espère pouvoir un jour transmettre mon témoignage à travers un écran !

Quel serait ton mot de la fin ?

Le bonheur en partant a dit qu’il reviendrait…..

Merci beaucoup à Cindy d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Je vous invite vivement à découvrir son livre. Celui d’une femme qui a très courageusement su mettre des mots sur des épreuves si douloureuses. Elle y fait des révélations très intimes que beaucoup n’osent même pas avouer à leurs proches.

C’est écrit simplement mais de manière si intense et émouvante … En le lisant, j’ai eu la gorge serrée plus d’une fois.

Vous pouvez la retrouver sur ses réseaux sociaux :

Quant à son livre, il est disponible sur de nombreux sites : Amazon, la Fnac, Cultura, Decitre.

#parolesdefemmes

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